Susqueda (GI) - Alentours de Sant Martí Sacalm
Après une nuit passée à Santa Coloma de Farners, c’est sous un temps très maussade que nous rejoignons Luis Salvador, notre guide local, pour la première station de notre périple espagnol. On aura même de la pluie par intermittence. Luis est accompagné de quelques amis orchidophiles. La station se présente comme une succession de prairie ± pâturées, avec quelques bâtiments qui nous sont pratiquement invisibles à cause de la brume :
Après les présentations, nous sommes tout de suite dans le vif du sujet : déjà les premiers Ophrys catalaunica en fleur ! On en verra plus d’une centaine sur la station, dont certains à sépales verts, accompagnés tout d’abord par Ophrys insectifera, Orchis simia et Serapias lingua. A noter que les locaux le nomment plutôt Ophrys montserratensis, nom sujet à discussion mais sans doute totalement valable à la vue des planches d’herbier. C’est un peu le truncata catalan.
En continuant sur les terrasses herbeuses, nous trouvons un Cephalanthera longifolia encore fleuri, de nombreux Ophrys passionis en fin de floraison, et surtout notre premier hybride : X Ophrys catalaunica X passionis. Le premier d’une longue série.
Un petit peu plus loin, c’est la grande découverte d’Annie et de Michel, pourtant sur une station déjà bien connue et pas que des locaux : un pied d’Ophrys speculum, et 5 de son hybride avec Ophrys catalaunica ! Une merveille que n’atténue pas les déluges de pluie (photos prises à l’abri des parapluies …).
Un peu plus loin, après avoir croisé quelques Orchis anthropophora, Luis nous montre une trentaine d’Ophrys que les locaux nomment araneola, mais que je verrai plutôt comme des Ophrys virescens, dont certains à sépales roses. A côté croissent des Ophrys lutea, O. passionis et plusieurs Ophrys « à tendance hybride », dont un X Ophrys passionis X virescens assez convainquant.
Sur le chemin du retour vers le parking, un talus nous propose un beau bouquet final pour cette station : Ophrys catalaunica, passionis et l’hybride entre les 2, bien différent du précédent, mais aussi plus classique.
Un dernier regard sur le paysage avant de partir : le temps est à l’amélioration, et le paysage n’est pas sans rappeler un sommet iconique des orchidophiles …
Seva (B) - Environs de Serrabardina
Le temps d’arriver à la deuxième station de la journée, le temps s’est mis au beau. Nous sommes maintenant dans la Province de Barcelone, et nous faisons sécher les parapluies en prenant notre pique-nique au soleil. Là aussi le coin est connu, mais la zone est très vaste et il vaut mieux être guidé pour dénicher les bonnes plantes. La station est surtout composée de petits bois clairs avec des clairières plus ou moins débroussaillées, surtout aux abords des habitations.
Première espèce rencontrée, des classiques Anacamptis morio mais dont certains avec une inflorescence lâche, ce qui pourrait les faire passer pour des picta, à tort à mon avis quand on les compare aux A. picta de la Plaine des Maures.
Ensuite nous découvrons toute une série d’Ophrys du groupe scolopax, en début ou pleine floraison, bien différents de nos vetula ou des scolopax précoce du littoral varois. Après consultation de différents articles, ils rentrent bien dans la définition que Rémy Souche de l’Ophrys oceanica, déjà vu en Aveyron l’année passée.
Toujours beaucoup d’Ophrys catalaunica avec des formes de labelles et des couleurs de sépales très variés.
Nous découvrons même un bel hybride entre les 2 précédents. Il n’est pas cité dans l’article de Rémy Souche, une belle trouvaille donc !
Mais c’est surtout pour une belle coche que nous sommes venus chercher sur cette station. Au détour d’un chemin, elle est là et avec de belles touffes : Ophrys subinsectifera, un petit Ophrys au labelle plié en arrière avec de larges bandes jaunes, et des pétales moyennement foncés, ce qui le différencie bien de l’Ophrys aymoninii. On ne le trouve en France que dans un vallon frontalier avec la Catalogne.
Comme on trouve aussi pas mal d’Ophrys insectifera sur la station, la question se pose évidemment : y-a-t-il des hybrides entre les 2 autour de nous ? Après plusieurs hésitations et discussions animées, on arrive à un consensus sur quelques pieds assez évidents, tandis que d’autres resterons pour nous assez énigmatiques.
Sur le chemin du retour vers les voitures, on débusque aussi un Ophrys lutea assez étonnant avec le centre du labelle tout rouge, ainsi que quelques O. virescens décidément peu connus de nos hôtes.
Fin de la journée, nous prenons la direction de la belle ville de Vic où nous passerons 2 nuits.